Ville d'art et d'histoire Statue de Jean-Jacques Rousseau
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Site et monument historiques

Statue de Jean-Jacques Rousseau

Statue de Jean-Jacques Rousseau, réalisée par Mars Valett en 1910.

« C'est dommage que les Savoyards ne soient pas riches ou peut-être serait-ce dommage qu'ils le fussent; car tels qu'ils sont, c'est le meilleur et le plus sociable peuple que je connaisse. S'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéry ». [Les Confessions, livre V].
En 1728, à l'âge de 16 ans, Rousseau choisit de quitter Genève, sa ville natale. Au terme de quelques jours de vagabondage, il arrive en Savoie. Le curé de Confignon lui accorde l’hospitalité et l'envoie auprès d’une « bonne dame charitable », à Annecy. Madame de Warens reçoit chez elle le jeune Jean-Jacques. Bien que de douze ans son aînée, Rousseau est sous le charme. Françoise-Louise de Warens, est originaire de Vevey, dans le pays de Vaud. Lassée par son mari, elle avait eu l'idée de se convertir au catholicisme, puisque cette condition n'était pas, en Savoie, dépourvue de profits, au moment où s'exerçait une véritable lutte d'influence contre la Réforme. Le roi de Sardaigne, Victor-Amédée II, avait assigné à Madame de Warens une pension annuelle devant lui permettre d'accueillir les calvinistes suisses émigrés en Savoie pour rejoindre l’Eglise catholique.
Rousseau abjure le calvinisme et se fait baptiser à Turin en l’espace de quelques jours puis, de retour à Annecy, chez Madame de Warens. Quelques mois plus tard, au début de l’automne 1731, il la retrouve à Chambéry où elle a récemment emménagé. «La maison qu'elle occupait était sombre et triste, et ma chambre était la plus sombre et la plus triste de la maison. Un mur pour vue, un cul de sac pour rue, peu d'air, peu de jour, peu d'espace, des grillons, des rats, des planches pourries ; tout cela ne faisait pas une plaisante habitation. Mais j'étais chez elle, auprès d'elle... »
Elle va trouver pour celui qui devient son amant, un emploi à la « mensuration générale de Savoie », c’est-à-dire au cadastre sarde, au château. L'esprit aventureux du jeune homme ne peut se satisfaire de la routine et de l'ennui d'un tel travail. Rousseau cherche des échappatoires à son travail en lisant, en s’initiant à l’arithmétique, à la géométrie, au dessin. Pour l’heure, la botanique le laisse indifférent.
Mais depuis son enfance, la musique l’absorbe tout entier et ne le quittera plus. Il a l’idée d’organiser des petits concerts, avec l’aide de quelques artistes et amateurs. Il propose alors ses services comme professeur de solfège et de chant auprès des jeunes filles de bonne famille, malgré les réticences de sa protectrice. A partir de 1735 ou 1736, Madame de Warens et Jean-Jacques partageront leur séjour chambérien, pendant la belle saison, dans le domaine des Charmettes