Ville d'art et d'histoire Expos en 2012

Expos en 2012

Découvrez les expositions proposées à l’Hôtel de Cordon CIAP pendant l’année 2011.

Question de ville, la Duchère en [re]construction

En quête de “revalorisation” permanente, les villes sont reconstruites, rénovées, renouvelées.
Comment se définit la valeur d’une ville ? Comment pense-t-on la ville et ses transformations aujourd’hui ? Comment se dessinent les nouveaux espaces de la ville et quelles-en sont les frontières ? Comment le projet urbain modifie le rapport au temps, à la mémoire et à l’avenir ? La revalorisation de la ville se pense-t-elle comme une continuité ou comme une rupture avec les passés?

En s’appuyant sur un travail mené avec les habitants du quartier de La Duchère dans le cadre des Cafés partagés et d’une recherche-action ethnologique, l’exposition Questions de ville restitue les échanges et les croisements de regards d’habitants, d’élus, d’urbanistes, de techniciens et d’acteurs socioculturels.

Les voix des Halles

Où rechercher le patrimoine culturel d’une ville ? Dans ses châteaux, monuments, hôtels particuliers ? Mais aussi dans les usages sociaux, les savoir-faire, les formes de sociabilité, les traditions des communautés qui la composent. À l’ère de la Déclaration pour la protection de la diversité culturelle et de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel, cette dimension intangible commence enfin à être reconnue et prise en considération.

Les premières mentions relatives à Chambéry datent du XIe siècle et attestent la présence d’un marché, élément structurant dans le développement urbain.
Dès le Moyen Age, mardi, jeudi et samedi sont jours de marché. Différents lieux sont investis suivant les spécialisations (grands poids, bestiaux, bois). Le marché le plus important est celui des herbes qui se tient sur la place du même nom (actuelle place de l’hôtel de ville). Originaires de tout le bassin chambérien, les vendeurs – principalement des femmes – proposent volailles, gibiers à poil et à plume, poissons frais, œufs, beurre frais, fruits, racines (carottes, navets…).
En 1863, ce marché est transféré place de Genève dans un bâtiment conçu pour cet usage. Il s’implante à l’emplacement de l’église conventuelle des dominicains détruite peu avant.
Dans les années 1930, cette première halle métallique, jugée trop petite, est remplacée par une halle béton qui abrite au 1er étage un gymnase.

A la fin des années 1990, début des années 2000, face à la vétusté du bâtiment, la municipalité engage son réaménagement. L’objectif est triple :

    – maintenir l’activité du marché (couvert et de plein-vent),
    – renforcer l’attractivité commerciale du centre-ville,
    – développer la partie ouest de la ville.

Cette transformation en profondeur a offert l’occasion de s’interroger sur la fonction des halles. Au-delà de sa dimension architecturale, le marché se révèle un lieu de mémoire, un espace vécu.

Un travail d’écoute et d’observation aux halles a été mené entre 2006 et 2008, à un moment particulier dans la vie du marché, car peu avant sa fermeture temporaire. Ce travail a permis à des voix, des histoires « invisibles », des mémoires (familiales, communautaires, rurales, urbaines), mais aussi des cultures alimentaires, des formes de sociabilité, des manières de dire et de faire, d’émerger, de s’exprimer, de se retrouver, de se reconnaitre…
Cette exposition non exhaustive donne la parole à un lieu, à travers les points de vue d’usagers : commerçants, producteurs, paysans, acheteurs… Le marché comme « fait social total » structure la vie de la cité : temps, espaces, relations sociales…

« Le lieu où l’on sent mieux la vie à Chambéry, c’est le marché… »

New man’s land – « Partir, exister ailleurs »

La notion de passage comme constitutive de l’identité chambérienne a été au centre de la réflexion pour la définition du scénario de l’exposition permanente du Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine.
Les recherches réalisées dans ce cadre ont montré que même au niveau des habitants, Chambéry et plus largement la Savoie, sont des terres de migrations (accueil et départ). Au Moyen Age, le taux de renouvellement de population est similaire à celui de Lyon ou Paris, villes bien plus peuplées. Ce phénomène n’a pas cessé au fils des siècles et Chambéry attire toujours de nouveaux arrivants (à l’échelle du territoire national ou plus largement).
Cette idée a été développée dans le Centre d’interprétation dans la salle Raconter où le mur de portraits présente la diversité des Chambériens. Les expositions temporaires sont l’occasion soit d’approfondir des thématiques évoquées dans l’exposition permanente soit d’en aborder de nouvelles.

Parallèlement, une rencontre avec Brigitte Foray, metteur-en-scène, avait eu lieu. Brigitte Foray souhaitait travailler sur la question de « partir, exister ailleurs » qui rejoignait notre question du passage et des migrations.
En 2012, les expositions temporaires ont ouvert un nouveau champ qui concerne le patrimoine immatériel, la mémoire, l’humain. Après les expositions, Les voix des halles et La Duchère en (re)construction, le travail de Brigitte Foray trouvait pleinement sa place.
L’exposition de Brigitte Foray s’appuie principalement sur des témoignages de migrants réalisés tant à Chambéry qu’au cours de voyages à l’étranger pour comprendre avec eux quelles sont les différentes étapes pour trouver une place dans une autre société, civilisation…
Ce matériau subjectif est complété par des données objectives (données, recherches historiques, paroles d’experts, bibliographie…).
L’accueil de ce travail à l’hôtel de Cordon permet de mettre en perspective une historie spécifique de Chambéry et de la Savoie, de comprendre que le patrimoine peut nourrir la réflexion sur des questions contemporaines, d’offrir une autre approche, une autre sensibilité en faisant appel à un artiste.