Ville d'art et d'histoire L'AVAP

L'AVAP

Une Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP ou AMVAP) est, en droit de l’urbanisme français, une servitude d’utilité publique ayant pour objet de « promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces ». Elles ont été instituées par la loi Grenelle II en remplacement des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP).

Les textes suivants sont extraits du diagnostic de l’AVAP (Réalisation : Michèle PRAX – Anne-Sophie ROBIN (Atelier de la Grande Côte) – Caroline GIORGETTI (Sites et Paysages)).

Caractéristiques constitutives de l’identité et de la qualité du territoire de l’AVAP

Le secteur sauvegardé de Chambéry épouse strictement le château et la ville « intramuros » où se trouve le patrimoine le plus ancien de la ville.
L’AVAP de Chambéry reconduit le périmètre de la ZPPAUP en gardant le même objectif : « compléter la protection du centre ancien couvert partiellement par le secteur sauvegardé et lier la ville ancienne avec les sites majeurs selon un axe nord-sud ».

En conséquence, l’AVAP retient les entités suivantes, pour leur qualité identitaire et patrimoniale :

Les faubourgs anciens et les extensions proches de la ville « intramuros »
(tels qu’ils ont pu trouver leur nouvelle figure après les bouleversements du XIXème siècle, les destructions de la guerre ou de l’après guerre ou les réalisations récentes qui les ont enrichis) :

    Les Faubourgs anciens :
  • Faubourg Montmélian
  • Faubourg Maché
  • Faubourg Reclus
  • Faubourg Nézin
    Les quartiers du XIXème siècle et du début du XXème siècle – Quartier Curial :
  • Quartier de la Préfecture et Parc du Verney
  • Sud de l’avenue de Lyon et de la rue Michaud (Quartier Sainte-Claire)
  • Quartier des Ecoles (rue des Ecoles, rue Marcoz)
  • Quartier de la Poste (avenue Pierre Lanfrey et partie avenue Mal Leclerc)
  • Quartier de la Chambre de Commerce (au nord-est du Boulevard de la Colonne)
  • Lotissement du Clos Savoiroux
    Les quartiers de la seconde partie du XXème siècle – Ilots de la Reconstruction (Rue Favre, rue Saint Antoine, avenue de Gaulle) :
  • Rue Sommeiller

Les sites majeurs à dominante paysagère :

    Au nord
  • Front de taille des anciennes carrières du Lémenc longé par la route d’Aix les Bains
  • Site de Côte Rousse et des Monts
    Au sud
  • Promontoire de Bellevue
  • Vallon des Charmettes

Les enjeux de l’AVAP

D’une façon générale il s’agira d’identifier et protéger le patrimoine, mettre en valeur le patrimoine bâti et paysager et articuler les nouvelles interventions avec le patrimoine bâti et le paysage.

Enjeux paysagers

  • Préservation de l’urbanisation du site des Charmettes. Le site doit être élargi à sa vraie dimension, tout le paysage du coteau peut être offert au visiteur. Mise en valeur du ruisseau des Charmettes et de l’ensemble par des cheminements piétons.
  • Préservation de l’urbanisation des terrains et du bois autour de Côte Rousse, pour mettre en exergue le site et conserver cette arrivée flatteuse sur la ville.
  • Mise en valeur du front de taille et du mur de soutènement et du garde-corps de la route qui accompagnent et qualifient l’entrée de la ville. Préservation de l’urbanisation des jardins qui longent le mur.
  • Préservation des parcs et jardins identifiés. Mise en valeur pour certains cas comme la préservation de la composition, de l’ouverture de la perspective (Parc Savoiroux – Pont des Amours), la requalification par des plantations arborées (place du Centenaire, place Monge, abords de l’espace culturel André Malraux, la place d’Armes qui précède le carré Curial, le bâtiment de Mario Botta…) ou l’amélioration de l’accessibilité du parc de la Calamine qui pourrait constituer le trait d’union entre la ville ancienne et les Charmettes.
  • Préservation des jardins et cours qui précèdent les constructions : la continuité des jardins ou terrains en front de rue est une caractéristique.
  • Préservation des jardins et cours attenants aux édifices.
  • Protection des murs de soutènement et de clôture en pierre et des grilles en ferronnerie.
  • Conservation des végétaux d’intérêt (arbres remarquables), préservation des espèces adaptées au site (châtaignier dans les bois, frênes en rives de ruisseau).
  • Mise en valeur de l’eau.
  • Liaison de la ville ancienne avec ses promontoires (accessibilité, cheminements piétons…).

Enjeux urbains

    Les faubourgs :
  • Affirmer l’ambiance des anciennes rues, des passages, des montées.
  • Souligner l’épaisseur du tissu urbain.
  • Le traitement de l’espace public est à poursuivre dans les faubourgs. Ce même pavage qui doit se prolonger dans les allées et sous les passages doit montrer que les faubourgs anciens ont les mêmes caractéristiques que les quartiers anciens du centre (épaisseur du tissu urbain, dédales traversant ce tissu bâti).
    Le quartier de Bellevue :
  • Conserver le plan de composition.
  • L’unité des bâtiments est à restituer en cas de reconstruction.
    Le Clos Savoiroux :
  • Conserver le plan de composition et les alignements de murs et clôtures.
  • Qualité des nouvelles clôtures.
    La requalification de places et d’espaces ouverts – cf enjeux paysagers.

Enjeux architecturaux

    La conservation des édifices bâtis qui ont été identifiés :
  • Pour leur intérêt propre (valeur intrinsèque de l’édifice, indépendamment du contexte dans lequel il se trouve placé).
  • Pour leur intérêt relatif (le contexte).
    Le maintien du caractère architectural de toutes les époques dans son ensemble (repéré ou pas) :
  • Lors des réhabilitations, des remaniements avec transformations importantes ou mineures.
  • Lors des travaux visant la réduction des déperditions thermiques, les économies d’énergie, l’utilisation des énergies renouvelables.
    Le maintien du caractère des abords (murs et murets de pierres, clôtures, jardins clos).
    Pour les futures constructions, la production d’une architecture d’expression contemporaine de qualité, en cohérence avec son contexte (le patrimoine bâti et le paysage) pour éviter la banalisation.